Oyonnax, la ville des « fêtieux » : fête de l'Hiver, défilé des classes et murs peints
Il existe une réputation oyonnaxienne qui ne doit rien au peigne ni au plastique : celle d’une ville qui aime faire la fête. Les habitants en ont tiré un surnom, les « fêtieux », et la ville l’assume en organisant, bon an mal an, de grands rassemblements dans ses rues. La tradition est ancienne, et la commune l’a même fait peindre sur ses murs.
La Fête de l’Hiver, le rendez-vous de décembre
C’est le grand moment de l’année. La Fête de l’Hiver a connu sa 26e édition, avec une vingtaine de compagnies de rue lâchées dans le centre : parades lumineuses, fanfares, théâtre de rue et déambulations. Le cortège s’élance de la rue Vandel, devant l’église Saint-Léger, et rejoint la mairie, avec des stands associatifs tout au long du parcours. La journée se termine par un feu d’artifice tiré depuis le parc René-Nicod, et l’entrée est libre.
L’esprit est celui d’une fête de proximité : les rues du centre sont fermées aux voitures, les commerçants restent ouverts, et les enfants suivent les parades en file. En décembre, Oyonnax vit au ralenti dans les ateliers et se rattrape dehors.
Le printemps, les classes et l’eau
Le reste de l’année suit le même tempo. Au printemps reviennent la Fête du Printemps et son carnaval, puis le défilé des classes, où les jeunes d’une même année se retrouvent pour défiler en ville, comme dans la plupart des bourgs du Haut-Bugey. En septembre, c’est la Fête de l’Eau : la 16e édition est partie du parc de l’Oyonnalithe pour une balade le long de la Sarsouille, la rivière qui traverse la ville, jusqu’à la forêt de la Brétouze, avec des ateliers participatifs et un repas préparé par l’USO Athlétisme. Près de 1 000 personnes y sont attendues chaque année.
S’y ajoutent la foire aux vins, les expositions du Centre Culturel Aragon et les salons accueillis à Valexpo, qui font d’Oyonnax une ville de rendez-vous plus qu’on ne l’imagine au vu de son profil industriel.
La fête des Fleurs et la Reine du jour
Pour comprendre d’où vient cette habitude, il faut remonter au XXe siècle. Les Oyonnaxiens organisaient alors de grandes fêtes, ce qui leur a valu leur surnom. La plus spectaculaire était la fête des Fleurs : à partir du premier dimanche d’août, fanfares et chars fleuris défilaient dans les rues, et la coutume voulait qu’on élise une « Reine du jour ». Une ville d’ouvriers qui se donnait des airs de carnaval niçois, à sa manière.
Des fresques pour s’en souvenir
Cette mémoire collective a fini sur les murs. Au quartier de la Croix-Rousse, à l’angle de la rue de la Paix et de la rue du Château, la fresque « La fête » fait surgir d’une rue en trompe-l’œil un défilé de personnages géants et oniriques, signé des muralistes de Cité Création. L’œuvre rend hommage aux grandes fêtes oyonnaxiennes, la fête de l’Hiver et la fête du Printemps, avec un clin d’œil au premier défilé de la fête des Fleurs des années 1920.
Elle appartient à une série. Dans le même esprit, la fresque « Histoire d’Oyonnax », inaugurée le 20 octobre 2011 rue Laenec, évoque le passé industriel de la ville et la fierté de ses fabricants. D’autres murs peints complètent le parcours, consacrés à René Nicod, à la paix, ou aux publicités d’autrefois, avec leurs lettres peintes à la main. Autant de prétextes de balade entre deux ateliers.
La ville raconte ainsi la même histoire deux fois : une fois par ses machines, une fois par ses rues. Pour la version industrielle, notre patrimoine d’Oyonnax conduit du musée du peigne aux Géants de Pierre du parc René-Nicod.