Oyonnax dans l'Ain : découvrir la ville entre Jura et Plasturgie

Le centre-ville d'Oyonnax, ses commerces et ses immeubles anciens
Photo : Jinemon, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Oyonnax n’est pas une ville comme les autres dans le paysage du Bugey. Deuxième commune la plus peuplée de l’Ain avec environ 22 500 habitants, elle a bâti sa fortune sur une matière inattendue : d’abord le bois des peignes, puis la matière plastique. Le résultat, c’est une ville ouvrière et commerçante, encaissée dans sa vallée du Jura et entourée de forêts.

Une ville au fond d’une vallée du massif du Jura

Oyonnax se trouve au nord du département de l’Ain, à la limite nord du Haut-Bugey. Le territoire culmine entre 440 mètres au fond de la vallée et plus de 1 000 mètres sur les crêtes qui ferment l’horizon. La ville s’est construite là où coulent l’Ange et son affluent la Sarsouille, deux rivières qui dessinent une sorte de presqu’île au cœur de l’agglomération. Autour, la montagne jurassienne grimpe vite, entre forêts, crêtes et lacs d’altitude comme le lac Genin, perché à 831 mètres sur la commune.

La ville se situe à une soixantaine de kilomètres par la route de Bourg-en-Bresse et à une centaine de Lyon, dans une région de lacs et de forêts entre les deux métropoles. Elle se tient aussi à la porte du parc naturel régional du Haut-Jura, vaste espace protégé de moyenne montagne qui s’étend vers le nord. Le climat est franchement jurassien : hivers froids, neige certaines années, pluies généreuses toute l’année.

Le territoire communal garde sa part villageoise : Geilles, Bouvent, Massiat, Chatonnax et Mons sont des hameaux accrochés aux pentes, tandis que Veyziat, commune rattachée en 1973, garde son église gothique et son identité.

Du peigne en bois à la plasturgie

Difficile de comprendre Oyonnax sans son histoire industrielle. La légende fait remonter la spécialité locale au VIIe siècle, quand saint Léger aurait accordé aux habitants le privilège de fabriquer des peignes en bois. Le travail du bois et de la corne s’organise réellement à partir du XVIIe siècle, et la fabrication de peignes à cheveux s’industrialise à la fin du XIXe. Puis vient le grand basculement : le celluloïd dans les années 1880, la galalithe en 1918, le Rhodoïd en 1930, le polystyrène à partir de 1935. Peigneurs et tourneurs deviennent plasturgistes, et l’industrie locale garde la marque de grandes maisons : Bollé, Grosfillex, Écoiffier, Gilac.

Aujourd’hui, Oyonnax se présente volontiers comme le centre de la Plastics Vallée, bassin qui compte plus de six cents entreprises du secteur. Le pôle européen de la plasturgie y a été inauguré en 1989, et le territoire a été reconnu pôle de compétitivité en 2005. La ville a même été la première de France à recevoir un transport d’électricité dit « longue distance », en 1889, un exploit dû à l’ingénieur Raclet. Le musée du Peigne et de la Plasturgie raconte toute cette aventure, du peigne en buis aux robes de plastique de Paco Rabanne.

Une ville marquée par la Résistance

Oyonnax porte aussi une histoire douloureuse et fière. Le 11 novembre 1943, alors que les cérémonies sont interdites, les maquisards de l’Ain et du Haut-Jura défilent en armes dans les rues jusqu’au monument aux morts, où ils déposent une gerbe en forme de croix de Lorraine. L’épisode vaut à la ville la médaille de la Résistance en 1947 ; les bombardements de juillet 1944 ont détruit une partie du centre, reconstruit depuis. Le patrimoine local garde la trace de ces années noires.

Ce qui fait vivre la ville aujourd’hui

Oyonnax n’est pas une ville musée. C’est une ville qui travaille, qui bouge et qui sort. Le rugby y tient une place centrale avec Oyonnax Rugby et son stade Charles-Mathon, le club de canoë-kayak a formé des médaillés olympiques, et le Tour de France est arrivé en ville en 2014 avant d’en repartir en 2021, pour une étape de montagne vers Le Grand-Bornand. Les rendez-vous rythment l’année : défilé des classes le premier samedi de juin, fête de l’Eau en septembre le long de la Sarsouille, fêtes de l’Hiver et du Printemps.

Côté table, le saucisson au vin rouge compte parmi les recettes locales. Le reste s’organise facilement : l’A404 relie la ville à l’autoroute A40, la gare est desservie par les trains régionaux, et les balades comme les environs occupent les week-ends.

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