Le canoë-kayak à Oyonnax : le club des eaux vives et ses médailles olympiques

Un slalomeur en kayak sur un parcours d'eau vive, lors des championnats de France
Photo : SKGV, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Oyonnax n’est pas seulement la capitale de la plasturgie ni une ville de rugby. Nichée dans la vallée de l’Ange, entre les forêts du Haut-Jura, elle abrite aussi un club de canoë-kayak qui a formé deux médaillés olympiques, ce qui n’est donné à aucune autre commune de taille comparable dans la région. Les Eaux-Vives Oyonnax alignent toujours des slalomeurs dans les premières places des classements nationaux, et leur école de pagaie continue d’amener des enfants du bassin oyonnaxien vers le haut niveau.

Un sport de patience et de rivière

Le slalom est une discipline exigeante : il faut descendre un parcours d’eau vive le plus vite possible, en franchissant des portes matérialisées par des piquets, sans en toucher aucun sous peine de pénalité. Entre les rochers, les vagues et les contres, la marge d’erreur est mince, et chaque seconde se paie cher. C’est un sport de lecture de l’eau autant que de force, où l’on apprend d’abord à observer le courant avant de s’y jeter. Aux entraînements, les slalomeurs répètent le même parcours des dizaines de fois, pour mémoriser chaque porte et chaque remous. Le kayak monoplace, le K1, reste l’épreuve reine, celle sur laquelle se concentrent les regards.

La discipline a fait son entrée aux Jeux olympiques en 1972 à Munich, avant de disparaître du programme pendant vingt ans. À Barcelone, en 1992, le slalom fait son retour sur le parcours aménagé du Sègre, à la Seu d’Urgell, et sourit à la France : outre l’argent de Curinier, Jacky Avril prend le bronze en canoë monoplace, Franck Adisson et Wilfrid Forgues en canoë biplace.

L’argent de Barcelone

Sylvain Curinier, licencié au club d’Oyonnax, dispute alors l’épreuve du kayak monoplace hommes. Sa première manche le laisse loin des favoris. Sa seconde descente est un sans-faute : il remonte toute la hiérarchie et s’empare de la médaille d’argent, derrière l’Italien Pierpaolo Ferrazzi. Âgé de vingt-trois ans, il devient l’un des premiers médaillés français de la spécialité, une performance qui fait connaître le club bien au-delà de l’Ain.

Le bronze de Sydney

Huit ans plus tard, une Oyonnaxienne prend le relais. Anne-Lise Bardet, née à Oyonnax, décroche le bronze en kayak monoplace femmes aux Jeux de Sydney en 2000. Elle complète son palmarès deux ans plus tard avec le titre de championne du monde par équipes à Bourg-Saint-Maurice. Son parcours, de l’école de pagaie d’Oyonnax au podium olympique, est devenu une référence pour les jeunes du club.

Une école du haut niveau

Ces deux médailles ne doivent rien au hasard. Le club oyonnaxien a bâti sa réputation sur la formation des jeunes et sur un groupe de compétition présent chaque saison aux premières places des coupes de France de slalom, en kayak comme en canoë. Les Eaux-Vives Oyonnax figurent régulièrement dans les finales nationales, et plusieurs de leurs athlètes ont gravi les échelons des sélections régionales jusqu’au plus haut niveau français.

Pour les familles, l’école de pagaie reste la porte d’entrée habituelle. La discipline demande un long apprentissage, entre lecture du courant et maîtrise technique, et les jeunes du secteur s’y forment au fil des saisons avant de rejoindre, pour les meilleurs d’entre eux, le groupe de compétition.

Le conseil du guide : le meilleur moment pour voir le club à l’œuvre reste les compétitions régionales, qui se tiennent régulièrement dans le secteur. Les jeunes y côtoient les champions, et l’on comprend en une après-midi pourquoi Oyonnax a su faire éclore deux médaillés olympiques dans une discipline exigeante.

Le sport tient une place singulière à Oyonnax, comme le raconte notre article consacré à Oyonnax Rugby : entre le stade Charles-Mathon et les eaux vives, la ville sait décidément faire éclore des champions.

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