Oyonnax Rugby : le club des Oyomen, de la Pro D2 au Top 14 et retour
Quand on parle d’Oyonnax, on pense au peigne, au plastique et à la Plastics Vallée. Mais le dimanche, la ville a une autre religion : le rugby. Oyonnax Rugby, maillots rouges et noirs et stade Charles-Mathon perché au-dessus de la vallée, est l’un des clubs les plus singuliers du rugby français : une petite ville devenue trois fois championne de Pro D2.
De la fondation de 1909 à l’Union sportive oyonnaxienne
Le rugby s’enracine ici plus tôt qu’on ne le croit. Le 27 novembre 1909, Jules Verchère et Émile Écuyer fondent le Club sportif oyonnaxien. Le jeune club grimpe vite les échelons : en 1924, il dispute une finale de championnat de France de Première Série, remportée l’année suivante. En 1942, pour faire front ensemble, les clubs de la ville fusionnent dans l’Union sportive oyonnaxienne, l’USO, un sigle qui traverse tout le siècle.
De cette époque, le club garde son identité : les joueurs sont surnommés les Oyomen, l’équipe joue en rouge et noir, et la devise municipale, « Improbo Fabrum Labore Ascendit », la ville élevée par le travail opiniâtre de ses habitants, devient celle du club. Le stade prend en 1958 le nom de Charles Mathon, un joueur des années 1920 et 1930 mort pendant la Seconde Guerre mondiale.
La longue marche vers le professionnalisme
Il faut attendre 1967 pour voir l’USO accéder à la première division, celle des 64 meilleurs clubs du pays. Les années 1970 et 1980 sont un yo-yo entre divisions, avec un passage à vide en troisième division, avant le retour en première division en 1988. En 1991, le club remporte la Coupe de l’Espérance à Montélimar, puis domine la Fédérale 1 au début des années 2000 avant d’accéder à la Pro D2 en 2003. La structure professionnelle naît le 1er juillet 2006 avec la SASP Oyonnax Rugby.
Le déclic date du printemps 2009. Oyonnax devient la première équipe de l’histoire de la Pro D2 à gagner une demi-finale à l’extérieur, à Agen, avant de buter sur Albi en finale d’accession. Deux ans plus tard, le 17 avril 2011, devant 37 000 spectateurs à Gerland, record d’affluence pour un match de Pro D2, l’USO s’impose 19-18 chez le leader lyonnais grâce à un drop de Jonathan Bousquet passé à une minute de la sirène.
Trois titres de Pro D2 et des allers-retours en Top 14
La saison 2012-2013 marque le grand saut. Leader de Pro D2 dès la quatrième journée, Oyonnax est sacré champion et découvre le Top 14 pour la première fois de son histoire. Le club s’y maintient trois saisons : sixième en 2014-2015, il dispute son premier barrage de Top 14 à Toulouse, s’inclinant d’un point (20-19), puis découvre la Coupe d’Europe en 2015-2016 face aux Saracens, à l’Ulster et au Stade toulousain, avant de redescendre.
Depuis, l’USO a pris l’habitude de l’ascenseur, mais toujours avec style : champion de Pro D2 en 2017, retour immédiat dans l’élite ; relégation en 2018, année où le club change d’identité pour devenir officiellement Oyonnax Rugby ; demi-finale de Pro D2 en 2019 et 2021 ; puis une saison 2022-2023 exceptionnelle, terminée avec 111 points, record égalé, vingt-quatre points d’avance sur Grenoble et un titre de champion décroché en finale face au même Grenoble. La saison 2023-2024 se joue en Top 14, la suivante en Pro D2. Pour la saison 2026-2027, Oyonnax Rugby évolue à nouveau en Pro D2, avec la réputation d’un club qui ne lâche rien.
Le stade Charles-Mathon, forteresse de moyenne montagne
Difficile de comprendre Oyonnax Rugby sans son stade. Cédé à la municipalité le 14 janvier 1939 à la condition qu’il soit réservé en priorité au rugby, le stade Charles-Mathon surplombe la ville à plus de 500 mètres d’altitude, l’un des terrains les plus haut perchés du rugby professionnel français. La neige y tombe chaque hiver, et le club a dû s’adapter : après une pelouse chauffée en 2014, il opte en 2015 pour une pelouse synthétique, une première pour un club de Top 14.
Les travaux menés depuis l’accession à l’élite ont porté l’enceinte à environ 11 400 places, dont 10 000 assises, réparties entre la tribune Mathon, la tribune Ponceur et les tribunes d’en-but. Le stade a gagné une réputation de citadelle difficile à prendre, et à deux pas, le complexe de l’Oyomen Factory, à Marchon, réunit terrains d’entraînement, musculation et soins, pour que la petite ville du Haut-Bugey continue de rivaliser avec les grands.
Les soirs de match, l’ambiance vaut le déplacement : les supporters de l’ASUSO entonnent « Ici, ici, c’est Oyonnax », la mascotte OYOK, un ours blanc, fait le show, et toute la vallée se retrouve sous les projecteurs. Pour compléter une visite, la découverte d’Oyonnax raconte la ville du peigne et de la plasturgie, et la page patrimoine mène de la Grande Vapeur au musée du Peigne.
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