Eau et assainissement : Haut-Bugey Agglomération annonce 100 à 150 millions d'euros de travaux
C’est un chantier qui ne se voit pas, et c’est bien ce qui complique sa défense. Haut-Bugey Agglomération s’apprête à engager entre 100 et 150 millions d’euros sur ses réseaux d’eau potable et d’assainissement, selon son président Damien Abad. Les premiers travaux ont commencé ; il reste à écrire la programmation pluriannuelle qui fixera les priorités jusqu’à la fin du mandat.
Les chiffres donnent la mesure du réseau : 122 réservoirs d’eau, 800 kilomètres de canalisations et 49 systèmes d’assainissement, sur un territoire de montagne à l’habitat dispersé. « On est dans une zone de montagne avec un habitat dispersé, parfois rural, donc forcément c’est plus difficile et c’est plus coûteux que quand vous tirez l’eau à Lyon ou à Genève », explique Damien Abad.
Un rendement de 56 %
Le point noir tient en un chiffre : le rendement du réseau d’eau potable plafonne à 56 % dans le Haut-Bugey, contre environ 80 % au niveau national. Autrement dit, près de la moitié de l’eau potable produite se perd en route. « On a un écart entre ce qu’on produit et ce qu’on vend. Et ça, c’est lié aux fuites d’eau, aux eaux de service », détaille le président de l’agglomération.
L’objectif affiché est d’atteindre 6 à 8 millions d’euros d’investissements par an sur l’eau et l’assainissement. Sur la durée du mandat, l’enveloppe pourrait donc dépasser les 100 millions et approcher les 150 millions. Aucune commune ne serait épargnée : « Il n’y a pas une commune de l’agglomération qui n’est pas concernée dans le mandat par les travaux d’eau et d’assainissement », assure Damien Abad, qui évoque sept à huit ans pour traiter les urgences.
Le permis de construire en jeu
Derrière les canalisations, il y a un enjeu plus large. « Si on ne fait pas ça, il n’y a plus de permis de construire », prévient le président de HBA. Sans capacité d’assainissement suffisante, ni logement neuf, ni école, ni commerce : la mise à niveau conditionne l’accueil de nouveaux habitants.
S’ajoute un contentieux européen sur le Plateau d’Hauteville, pour lequel le territoire risque une pénalité pouvant atteindre 15 000 euros par jour. « Donc en fait, on n’a pas le choix », résume Damien Abad, qui prévient aussi les habitants : « Pendant un bon temps, on aura toujours des travaux à faire compte tenu des longueurs de canalisation que l’on a. »