Georges Arpin raconte la grève de 1913 et l'Aurore sociale dans un second livre

L'hôtel de ville d'Oyonnax, dans l'Ain
Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Georges Arpin ne s’attendait pas à remettre ça. Son premier livre, Oyonnax ingénieuse et rebelle, s’est vendu à près de 950 exemplaires. L’ancien élu communiste, conseiller municipal pendant 31 ans, a donc repris la plume. Le voilà avec un second volume de près de 300 pages, De L’Oyonnaxienne à la Maison du peuple, sous-titré L’émancipation ouvrière et artisanale.

Même terrain, autres angles. « Ce n’était pas prévu au départ mais après réflexion, je n’avais pas pu développer assez profondément certaines choses », explique-t-il au Progrès.

Trois mois de grève en 1913

Le morceau de bravoure du livre, c’est la grève de 1913, la plus longue que la ville ait connue : trois mois. Louis Bollé, président de la coopérative L’Oyonnaxienne et maire, venait d’annoncer le licenciement de 76 salariés, soit la moitié du personnel. La solidarité s’organise alors : les enfants des grévistes sont accueillis par des familles, les soupes populaires communistes se mettent en place, certains travaillent chez des paysans. Le patron refuse toute négociation, les forces de police sont sollicitées et des meneurs sont emmenés au tribunal de Nantua. Une nouvelle grève de 48 heures paralyse la ville.

Émile Guillet, René Nicod et Gustave Lettraz sont condamnés à des peines de prison, mais bénéficient de la loi de sursis. « Quand les militants reviennent à Oyonnax à 22 heures, 1 000 personnes les attendent avec des fleurs ! », raconte l’auteur. La suite lui donne raison sur le fond : tous les ouvriers sont repris sauf quatre, des augmentations de salaire sont accordées, le travail de nuit est supprimé. « Cette grève est une véritable leçon de vie, une résistance ouvrière qui se termine par une grande victoire syndicale », résume Georges Arpin.

Le livre, documenté à partir des archives municipales, départementales et de la Bibliothèque nationale de France, avec de nombreuses photos d’époque, s’attarde aussi sur l’Aurore sociale, la Maison du peuple née sur le modèle de la Fraternelle de Saint-Claude. Cercle ouvrier communiste, coopérative d’alimentation et de production, imprimerie ouvrière : tout est bâti par souscription et emprunts. « C’est vraiment le collectif, la solidarité qui a construit Oyonnax », insiste l’auteur, qui rappelle qu’Oyonnax fut aussi l’une des premières villes à se doter d’une mutuelle.

Première séance de dédicaces samedi 10 octobre, toute la journée, à la librairie Buffet. Le livre est en vente à Oyonnax, Bellignat, Nantua et Poncin, au prix de 15 €.